L’Oréal à VivaTech : l’éternelle jeunesse à l’ère des algorithmes

par Nina-Lou Jacquet

Oubliez l’image des laboratoires en blouse blanche alignant des pots de crème. Au salon VivaTech 2026, qui s’est tenu à Paris à la mi-juin, L’Oréal a opéré une démonstration de force. Pour marquer sa dixième participation à la grand-messe européenne de la tech, le groupe centenaire, couronné en 2025 « entreprise la plus innovante d’Europe » par le magazine Fortune, a présenté son exposition The Beauty Odyssey. Le message est posé : la cosmétique de demain ne s’appliquera plus au hasard sur l’épiderme : elle sera calculée, simulée en 3D et dictée par des agents intelligents.

De la correction à la prévention

L’information majeure de cette édition tient en un basculement scientifique : le passage de la correction à la prévention. L’Oréal ne cherche plus à masquer les signes du temps, mais à en décoder la biologie à la racine. Fer de lance de cette mutation, le masque LED Absolue Longevity MD de Lancôme a capté toutes les attentions. Fini les masques rigides et inconfortables : co-développé avec la firme britannique iSMART Developments, ce bijou technologique de 2 millimètres d’épaisseur épouse les moindres contours du visage grâce à un matériau transparent et ultra-flexible. Prévu pour un lancement mondial en 2027, il diffuse des longueurs d’onde cliniquement validées pour stimuler la régénération cellulaire.

En amont du produit, le Longevity AI Cloud du groupe analyse plus de 260 biomarqueurs pour cartographier l’âge biologique réel de la peau. Plus vertigineux encore : en collaboration avec l’Université de l’Oregon, L’Oréal s’appuie sur la bio-impression 3D (le Melt Electrowriting) pour reconstituer des dermes biologiquement âgés. Les chercheurs peuvent ainsi vérifier si une molécule parvient à restaurer le mécanisme tissulaire et traiter le vieillissement structurel du derme.

Le cheveu mis en équation

La fibre capillaire n’échappe pas à cette mathématisation. Avec son Hair Digital Twin, le groupe a modélisé le premier jumeau numérique 3D du cheveu. Nourri par la plus vaste base de données du secteur, l’outil crible les molécules trois fois plus vite pour anticiper leur comportement sur l’intégralité des textures de cheveux du modèle de classification universel.

Côté coiffage, le Light Straight™ + Multi-Styler promet de transformer les rituels matinaux. L’appareil abandonne la chaleur extrême au profit de la lumière infrarouge. En remodelant les liaisons de la fibre capillaire à 160°C maximum contre les 200°C habituels, il offre un lissage deux fois plus rapide et sans calciner la kératine. Pour accompagner les salons de coiffure un nouveau protocole intègre l’écosystème K-SPA de Kérastase, en associant un diagnostic du cuir chevelu par caméra IA (K-SCAN) et un soin par micro-nébulisation (K-STATION).

Culture et Téraoctets

Si la tech sublime la matière, elle redessine l’acte d’achat. Comme l’affirme Asmita Dubey, Directrice Générale Digitale et Marketing du Groupe, « les modèles de langage (IA) sont devenus la nouvelle porte d’entrée de la découverte de la beauté ». Le groupe déploie son conseiller virtuel Beauty Genius sur WhatsApp, tandis qu’en interne, l’outil de création par GenAI CreAItech intègre un estimateur d’émissions de Co2 pour responsabiliser la production d’images.

En ressortant de l’espace d’exposition, guidé par l’œuvre visuelle et sonore KALLISTÉ, le visiteur saisit l’impact de la recherche chez L’Oréal : Le vrai luxe ne s’achète plus en flacon, il s’encode.

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