Steve Rouiller et Noah Rod sont deux ambassadeurs du sport genevois. Ils sont les figures emblématiques du Servette FC et du GSHC.
Propos recueillis par Nina-Lou Jacquet
Steve Rouiller, originaire du Valais et défenseur central, a tracé son chemin avec une abnégation rare, signant son premier contrat professionnel à l’âge de 24 ans. Aujourd’hui, il est un pilier de la défense servettienne.
Votre parcours est qualifié d’atypique. Quel en a été le tournant majeur ?
« À 20 ans, je suis passé d’attaquant à défenseur du jour au lendemain sur décision de mon coach de l’époque. Après trois ans en amateur au FC Monthey pour faire mes preuves, j’ai retrouvé le milieu pro à Sion à 24 ans avant de rejoindre le Servette FC en 2018. »
Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre à la jeunesse ?
« Le sens du sacrifice et le respect. Pour réussir, il faut parfois souffrir et s’éloigner de chez soi pour s’aguerrir en tant qu’homme. Dans un groupe, respecter les anciens et avancer dans la même direction est vital pour le succès. Mon conseil : croyez en vos chances, tout est possible avec de l’abnégation. »
La pression médiatique et les réseaux sociaux pèsent-ils sur votre mental ?
« La maturité aide à faire abstraction. Plus jeune, les critiques me déstabilisaient sur le terrain. Aujourd’hui, je me focalise sur ma performance individuelle pour éviter de me poser 10 000 questions sur l’opinion d’autrui. »
Quelle est votre plus belle victoire ?
« La finale de la Coupe suisse remportée il y a deux ans. C’était un rêve d’être un acteur majeur de ce titre. »



Noah Rod, originaire de La Chaux-de-Fonds est arrivé au Genève-Servette à 15 ans. Il débute chez les professionnels à 17 ans avant de devenir, à seulement 22 ans, le capitaine emblématique des Aigles. Porté par un héritage familial fort, il a mené son équipe jusqu’au titre de champion de Suisse en 2023 et au sacre européen en 2024.
Le hockey sur glace était-il une vocation naturelle ?
« C’est dans mon ADN. Mon père était également joueur professionnel et j’allais voir ses matchs quand j’étais petit. Je n’ai pas peur sur la glace, mais je ressens une immense excitation et une pression très stimulante. »
Quelles valeurs vous guident sur et en dehors de la glace ?
« Le travail, l’honnêteté et la vie de groupe. J’essaie de transmettre cela à ma fille à la maison : toujours tout faire pour se donner les meilleures chances de gagner. »
Quel impact les blessures ont-elles sur votre santé mentale ?
« Les blessures sont dures psychologiquement à cause du long processus de rééducation. J’ai connu des moments de doute lors de ma grosse blessure il y a deux ans, mais j’ai été porté par ma famille et mes amis. »
Quelle est votre plus belle victoire ?
« Les titres de champion de Suisse et d’Europe remportés avec Genève comptent parmi les plus beaux moments de ma carrière. Cependant, si je ne devais en retenir qu’un, le titre national avec Genève reste, de loin, mon souvenir le plus fort. »
Un message pour les jeunes joueurs ?
« Amusez-vous ! Quand on devient pro, le plaisir s’efface parfois derrière les obligations du travail. Profitez de vos copains, respectez vos coachs et donnez- vous à fond à chaque entraînement. »






