The Collector illumine la Croisette

par Nina-Lou Jacquet

Sous les projecteurs du Festival de Cannes 2026, là où le septième art s’unit à la haute couture, une griffe genevoise a su captiver les regards. La maison The Collector, établie place des Bergues, y a présenté un projet à la fois confidentiel et spectaculaire. Se positionnant à l’inverse d’un marché de l’ultra-luxe trop souvent dominé par le volume et la visibilité des logos, la marque a relevé un défi audacieux : réinterpréter trois de ses silhouettes emblématiques pour transformer le sac à main en un objet d’art intemporel, célébrant le symbole le plus convoité du cinéma mondial, la Palme d’Or.

Au cœur de cette démarche réside une prouesse technique sans précédent. Pour la toute première fois, le cuir de python a été brodé au fil d’or. Cette tâche d’une minutie extrême a été confiée à Sylvie Deschamps, la seule brodeuse de France à porter le prestigieux titre de Maître d’Art, décerné par le ministère de la Culture.

Une capsule aux allures d’œuvres d’art

Cette rigueur artisanale prend vie à travers cinq modèles, dont un unique et quatre en quantités limitées. Geste cinématographique ultime, la collection dissimule une doublure en agneau d’un rouge profond, rappelant de manière intentionnelle le mythique tapis rouge. Deux pochettes du soir arborent la fameuse palme brodée d’or, tandis qu’un sac seau sculptural adopte une approche différente en se parant d’une palme en cristal. Cette dernière création a été minutieusement étudiée pour accrocher la luminosi- té unique du tapis rouge cannois.

Pour compléter cette collection capsule, The Collector s’est tournée vers l’art contemporain en collaborant avec l’artiste française Marie-Dominique Saramito. Connue pour ses œuvres inspirées de la tapisserie et actuellement exposée à Venise, elle efface un peu plus les frontières entre accessoire de mode et œuvre plastique en signant les deux dernières créations de cette série exclusive.

Au-delà du glamour, un message universel

Portées fièrement lors de leur baptême public par des personnalités internationales telles que le mannequin canadien Coco Rocha et les actrices Urvashi Rautela, Agatha Maksimova et Aude Pépin, ces créations dépassent le simple apparat. En revisitant la Palme d’Or, la maison genevoise l’envisage comme un emblème culturel universel de paix, d’espoir et de réconciliation. Dans une époque marquée par l’incertitude, The Collector livre ainsi un message d’harmonie et d’humanité, rappelant que le véritable luxe réside dans la préservation des traditions artisanales européennes.

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