Le luxe et le règne animal : Gucci

Sous l’impulsion de Tom Ford dans les années 1990, puis d’Alessandro Michele, Gucci a multiplié les références animalières, transformant la mode en une fable où chaque créature possède un pouvoir mystique. « Le luxe ne doit pas être figé. Il doit être vivant, puissant, indomptable, à l’image du monde animal qui l’inspire », déclarait Michele en 2017. Cette vision se traduit par une profusion de motifs panthères, serpents et lions, brodés sur les vestes en velours, imprimés sur les foulards en soie et gravés sur les sacs et bijoux, conférant à chaque pièce une dimension quasi-magique. L’abeille, introduite comme motif récurrent, évoque la richesse et la fertilité, tandis que le serpent symbolise la tentation et la transformation. Le tigre rugissant, lui, est une déclaration de puissance, incarnant une élégance qui ne craint pas l’excès. Cette ménagerie opulente reflète la philosophie Gucci, où chaque animal devient un totem de style, une passerelle entre l’héritage et la réinvention. En 2018, la marque a banni l’usage de la fourrure animale, affirmant une volonté d’intégrer le respect du vivant à son esthétique flamboyante. « Nous célébrons le règne animal, mais nous avons aussi la responsabilité de le protéger », précisait Marco Bizzarri, ancien président-directeur général de Gucci.