Interview : Adriatique, l’instinct créatif helvétique

Entre vibes suisses, nouvelles sonorités et création participative, Adriatique imagine de nouvelles façons de faire vivre la musique avec Philip Morris Suisse.

Vous avez construit une solide communauté de fans à travers le monde tout en restant profondément attaché à vos racines suisses. En quoi la Suisse a-t-elle façonné votre identité artistique ?

« Adriatique » : « La Suisse fait partie de nous depuis toujours. C’est ici qu’on a eu l’espace nécessaire pour développer notre univers sonore et notre vision, sans ressentir le besoin de courir après les tendances. Le pays est reconnu pour sa précision, son savoir-faire et son souci du détail, et on retrouve beaucoup de ces qualités dans notre façon de produire de la musique. En même temps, le fait d’avoir grandi dans un environnement aussi international nous a exposés à une multitude de cultures et d’influences, ce qui a largement contribué à façonner notre regard créatif. 

Après plus de dix ans sur la scène internationale de la musique électronique, qu’est-ce qui continue de nourrir votre créativité et de vous inspirer ?

« Avant tout, la curiosité. On puise constamment notre inspiration dans les nouveaux sons, les nouvelles technologies, les arts visuels, l’architecture, les voyages et les rencontres que l’on fait en chemin. Et puis, l’inspiration surgit souvent là où on ne l’attend pas. Il suffit parfois d’un simple son enregistré sur un téléphone pour qu’il devienne le point de départ d’un morceau entier. On essaie de rester ouverts et de continuer à apprendre, parce qu’au fond, la créativité est surtout une question de curiosité. »

Vous jouez souvent dans des lieux extraordinaires aux quatre coins du monde. À quel point le lieu influence-t-il votre manière d’aborder la musique ?

« Le lieu peut complètement transformer l’expérience. Chaque endroit a sa propre atmosphère, sa propre énergie, sa propre histoire, et on essaie toujours de s’y adapter. Qu’il s’agisse d’un site historique, d’un club intimiste ou de la scène d’un festival, on n’aborde jamais deux performances exactement de la même façon. On aime créer un dialogue entre la musique et son cadre. Les moments les plus marquants sont souvent ceux où tous ces éléments s’accordent naturellement. »

Vous venez également de lancer une plateforme de collaboration créative avec Philip Morris Suisse, qui invitait les consommateurs à remixer votre musique et à participer à la création d’un morceau collectif. Qu’est-ce qui vous a séduits dans ceprojet et dans ce partenariat ?

« Ce qui nous a avant tout attirés, c’était le concept créatif. L’idée d’ouvrir une partie de notre processus de création et de voir ce qui pouvait naître lorsque des personnes étaient invitées à apporter leurs propres idées nous plaisait beaucoup. En tant qu’artistes, on cherche toujours de nouvelles façons d’aborder la musique sans pour autant perdre ce qui fait notre identité. Ce projet nous a permis d’expérimenter un nouveau format créatif tout en restant fidèles à notre son. On l’a vécu davantage comme une véritable collaboration artistique que comme une campagne, et c’est précisément ce qui nous a donné envie d’y participer. »

Concrètement, comment s’est déroulé le processus de co-création ?

« Les participants ont envoyé des enregistrements, des sons et des idées musicales qui sont devenus notre point de départ créatif. Certains nous ont immédiatement inspirés, tandis que d’autres se sont transformés en quelque chose de complètement différent au fil de la production. En réalité, c’est assez proche de notre manière habituelle de travailler. Un morceau commence souvent par une toute petite idée qui évolue de nombreuses fois avant d’aboutir à sa version finale. Les contributions reçues sont devenues une nouvelle source d’inspiration qui a permis à la musique d’emprunter des directions auxquelles on n’aurait peut-être pas pensé autrement. »

Pourquoi cette approche collaborative était-elle importante pour vous ?

« Ce qu’on aime le plus dans la musique, c’est sa capacité à créer du lien entre les gens. Habituellement, ce lien naît une fois le morceau terminé et sorti. Là, les gens ont pu faire partie de l’aventure bien plus tôt. Aujourd’hui, la technologie rend ce type d’interaction possible, mais pour nous, il ne s’agissait jamais de mettre la technologie au premier plan. L’idée était de proposer une expérience où chacun pouvait réellement contribuer à un projet créatif. Au final, cela a rendu le morceau beaucoup plus personnel, aussi bien pour nous que pour toutes les personnes qui y ont participé. »

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