Au mudac, le couturier Kévin Germanier, premier créateur helvétique à présenter sa marque en Haute Couture en 2025, dévoile Les Monstrueuses, une immersion spectaculaire dans un luxe durable et audacieux.
Dans un parcours immersif de 300 m2, le mudac dévoile l’approche très personnelle avec des silhouettes scintillantes, textures hybrides, volumes sculpturaux. Loin d’un bilan de carrière, l’exposition expose ses préoccupations actuelles, façonnées par les enjeux environnementaux et l’envie de réinventer le vêtement.
Formé au Central Saint Martins de Londres, le designer fait partie de cette nouvelle génération qui bouscule les codes du luxe. Ses pièces, adoptées par des icônes telles que Lady Gaga ou Beyoncé, allient éclats de couleurs, énergie futuriste et matériaux revalorisés. À partir de perles oubliées ou de textiles dormants, il imagine une mode où sophistication et durabilité se renforcent mutuellement.
Originaire du Valais, le créateur puise dans ses racines un lien intime avec les savoir-faire traditionnels. Des tricoteuses locales réalisent certaines parties de ses pièces. Ce dialogue entre artisanat régional et vision contemporaine ancre son travail dans un patrimoine suisse tout en l’ouvrant à un imaginaire résolument moderne.
Depuis la fondation de sa maison en 2018, il a choisi un modèle atypique pour le secteur : distribution digitale, communication façonnée par les réseaux sociaux, proximité assumée avec sa communauté. Un équilibre subtil se construit ainsi entre pièces ultra-exclusives, éditées en très petites séries, et collections plus accessibles, pensées pour accueillir un public élargi. Sa visibilité s’étend désormais aux grands événements culturels internationaux, des Jeux Olympiques de Paris à l’Eurovision.
Le parcours du mudac met également en lumière la dimension sociale qui traverse sa démarche. Certaines créations naissent au sein d’initiatives de réinsertion textile, rappelant que la mode peut devenir un outil d’inclusion. L’atelier reconstitué dans l’exposition se présente comme un espace de recherche en perpétuelle évolution : c’est là qu’ont émergé Les Monstrueuses, silhouettes hybrides qui prolongent son exploration des formes et matières.
Au centre de l’espace, une chimère textile monumentale réunit perles excédentaires, paillettes délaissées, fibres recyclées et fragments collectés. Cette sculpture tactile condense l’ADN de la maison et révèle la richesse des ressources transformées, ainsi que leur potentiel poétique.
Le parcours se conclut par plusieurs collaborations emblématiques. Avec Caran d’ Ache, stylos et crayons usagés deviennent perles multicolores pour une robe Haute Couture spectaculaire. Avec la Cinémathèque suisse, une saison dédiée à la mode et au textile voit le jour. Et pour la 60e édition du Montreux Jazz Festival, l’artiste signe une affiche composée de 60 000 perles et matériaux upcyclés, une première pour le festival.
Les Monstrueuses affirme ainsi un luxe visionnaire: responsable, lumineux et profondément humain. Une invitation à imaginer une mode qui inspire autant qu’elle transforme.










