À Lausanne, le luxe ne se montre pas, il se reconnaît.
Il y a des villes qui s’affichent, et d’autres qui se méritent. Lausanne appartient à la seconde catégorie : il faut savoir quelle porte pousser, quelle rue descendre, quel atelier trouver au détour d’une pente. Ce week-end s’ouvre à la table du Comptoir de Beaulieu et se referme sur le grès d’un maître vaudois. Entre les deux, une œuvre longtemps oubliée, l’or façonné à la main, des matières qui traversent le temps et une légende de la gastronomie. Huit adresses, une seule intention : le savoir-faire.
Voici notre sélection COTE pour le week-end.
Vendredi soir, une table de saison
Le Comptoir de Beaulieu, Lausanne
Le terroir, sans détour.
Certaines maisons portent une mémoire. Sous les hauts plafonds du Palais de Beaulieu, Le Comptoir de Beaulieu prolonge l’esprit de l’ancien Comptoir Suisse avec une élégance tranquille. Le chef Benjamin Le Maguet y compose une cuisine de saison, entièrement suisse, pensée pour être partagée. Dans les verres, des vins de domaines indépendants. Rien d’ostentatoire, tout est juste.
Le premier soir, en toute simplicité.
Samedi matin, une exposition inédite
MCBA, Lausanne
Le jazz, couché sur papier.
Il arrive qu’un musée répare un oubli. À Plateforme 10, le Musée cantonal des Beaux-Arts consacre à Ted Joans sa toute première monographie. Poète et artiste, il était pour André Breton « le seul surréaliste afro-américain ». Dessins, collages et films, pour la plupart jamais montrés, révèlent une œuvre libre et nomade, longtemps restée en marge.
Une œuvre enfin à sa juste place.


En fin de matinée, le vestiaire de seconde main
Le Dressing, Lausanne
Hermès, Chanel, Loro Piana.
Les plus belles garde-robes ne se constituent jamais en une saison. À Sous-Gare, Le Dressing l’a compris mieux que quiconque. Carrés de soie, sacs de maison, cachemires d’une douceur intacte : chaque pièce est choisie à l’œil, pour son état, sa matière, sa capacité à traverser le temps. Ici, le luxe ne s’achète pas neuf. Il se transmet.
Les grandes maisons, en seconde vie.
Samedi après-midi, l’atelier du joaillier
Daniel de Guy, Lausanne
La joaillerie, de main en main.
Avant d’être portée, une pièce de joaillerie se dessine, se fond, se sertit. Chez Daniel de Guy, maison familiale depuis 1989, tout se passe dans l’atelier de la rue Centrale. La famille Piccolo y façonne l’or 18 carats : chevalières gravées sur mesure, pavés de diamants noirs et blancs, créations uniques. Une joaillerie de proximité, où chaque bijou porte la signature de ceux qui l’ont fait naître.
Le sur-mesure, dans sa forme la plus pure.


Dans l’après-midi, l’artisanat japonais
Tempo Design Store, Lausanne
Le luxe, sans le logo.
Le Japon et la Scandinavie partagent une même idée du beau : la matière d’abord, le reste ensuite. Rue du Midi, Tempo Design Store les réunit depuis 2017. Une chaise de Pierre Jeanneret, un cuir Hender Scheme, une veste teinte à l’indigo par Buaisou : chaque pièce est choisie pour la façon dont elle est faite, jamais pour l’étiquette qu’elle porte. Un lieu silencieux, presque une galerie.
Des pièces qui se patinent avec les années.
Samedi soir, la grande table
Hôtel de Ville de Crissier, Crissier
Trois étoiles, depuis plus de trente ans.
Il est des maisons qui n’ont plus rien à prouver, et c’est précisément ce qui les rend uniques. À dix minutes de Lausanne, l’Hôtel de Ville de Crissier conserve trois étoiles Michelin depuis plus de trois décennies et 19/20 au GaultMillau. Franck Giovannini y prolonge la lignée de Frédy Girardet, Philippe Rochat et Benoît Violier, avec une précision presque horlogère. Réservation indispensable.
La haute gastronomie, dans sa forme absolue.


Dimanche matin, le café de spécialité
Ça Passe Crème, Lausanne
Le dimanche, sans précipitation.
Les Lausannois ont leur adresse du dimanche, et elle n’a rien d’un secret. À Sous-Gare, Ça Passe Crème, cité parmi les meilleurs coffee shops du monde, traite le café comme un produit d’exception : grains sélectionnés, extraction précise, gestes mesurés. On s’installe près de la fenêtre, un flat white entre les mains, et la ville semble encore endormie.
La plus douce des entrées en matière.
Pour finir, la céramique vaudoise
mudac, Lausanne
Le grès, élevé au rang d’art.
Pour clore le week-end, retour à Plateforme 10. Le mudac rend hommage à Edouard Chapallaz, céramiste vaudois qui a consacré sa vie au grès. Formes épurées, émaux profonds, cuissons maîtrisées : l’exposition révèle une recherche patiente, entre tradition locale et modernité. La preuve, s’il en fallait une, que le savoir-faire suisse ne s’arrête pas à l’horlogerie.
Une fin en beauté, façonnée à la main.





