Indissociable de l’histoire commerçante de Genève, celle du Bongénie s’écrit avec une cinquième génération tournée vers l’avenir. Portée notamment par Marie Brunschwig, cette vision s’exprime à travers une offre plus contemporaine et plus accessible.
Quelles ont été les étapes marquantes de votre parcours professionnel ?
« Après l’École hôtelière de Lausanne, un stage chez Hermès en RP/presse a été décisif car j’y ai découvert ma passion pour la mode. J’ai ensuite rejoint Bongénie en marketing & digital, avant de compléter ma formation à l’Istituto Marangoni de Milan. À mon retour, je me suis orientée vers les achats. Plus récemment, le rebranding du groupe et l’ouverture du flagship de Zurich ont été des expériences particulièrement marquantes. »
Avez-vous toujours su que vous vouliez rejoindre l’aventure familiale Bongénie ?
« Non, j’ai toujours eu une grande liberté et j’ai d’abord voulu faire mes preuves ailleurs. Mais cela s’est révélé compliqué, car on me ramenait souvent à Bongénie. J’ai finalement rejoint l’entreprise progressivement pendant le Covid, et j’y ai énormément appris. »
Comment l’héritage de votre famille vous inspire-t-il au quotidien ?
« Bongénie fait partie du paysage suisse et de mon histoire personnelle. Travailler en famille renforce cet attachement et donne du sens. Il y a une responsabilité de transmission, mais surtout une vraie fierté qui me motive. »
Pouvez-vous nous donner trois leçons de leadership que vous avez apprises au sein du Bongénie ?
« Le travail d’équipe est fondamental, notamment sur des projets comme l’ouverture du magasin de Zurich où tout le monde a collaboré sans distinction de hiérarchie. J’ai aussi appris l’importance d’être proche du terrain et des équipes de vente pour comprendre la réalité du métier. Enfin, que les projets les plus forts naissent du collectif. »
Pouvez-vous nous décrire votre quotidien en tant qu’acheteuse ?
« Il commence par la construction de la stratégie d’achat, puis la définition des budgets avec les équipes, avant la phase d’achat elle-même. Je négocie les collections, analyse les performances et gère les assortiments de nombreuses marques. S’ajoutent la gestion des stocks, des réassorts et la répartition par point de vente. »
Quels sont les défis auxquels le Bongénie doit faire face ?
« La mobilité en ville, le franc fort et surtout l’image parfois élitiste du magasin. La stratégie consiste à adapter les boutiques de Genève, Zurich et Lausanne à leurs clientèles : Genève est plus éclectique et bohème, Zurich plus minimaliste et avant-gardiste, Lausanne plus intimiste avec une offre plus ciblée et régulière. »
Le magasin physique a-t-il encore un avenir ?
« Oui, totalement. Au-delà du digital, il offre une expérience humaine, esthétique et des services uniques, impossibles à reproduire en ligne. »
Quelles sont les marques et tendances qui vous inspirent en ce moment ?
« Róhe pour son mélange scandinave et oriental très contemporain, Destree pour son élégance créative et ses silhouettes fortes, et Juan De Dios pour son univers artistique. Côté tendances, les tons pastel comme le butter yellow et un retour à une féminité plus romantique et lumineuse. En parallèle, nous développons aussi notre private label avec de nombreuses nouveautés dès cet été.»






