Que faire à Genève cet automne ? Notre sélection culturelle de la rentrée, du lac Léman à Zurich.
L’été s’efface, et la ville tourne une nouvelle page. Les galeries rallument leurs cimaises, l’opéra lève son rideau, les musées dévoilent les expositions qui nous accompagneront jusqu’au cœur de l’hiver. Si vous vous demandez que faire à Genève cet automne, voici cinq rendez-vous qui donnent le ton de la saison : une semaine de l’art qui transforme la ville entière en galerie, un opéra rare de Frank Martin, la lumière silencieuse d’un maître danois, et deux expositions qui interrogent la matière et le temps.
Geneva Art Week
Cinq jours durant, la ville tout entière devient une galerie. Du 16 au 20 septembre, la Geneva Art Week revient pour sa troisième édition et réunit plus de quatre-vingt-dix acteurs culturels : musées, fondations, galeries, espaces indépendants et lieux de design, à travers la ville et le canton. Vernissages, visites d’ateliers, conversations et rencontres avec les artistes se succèdent à un rythme réjouissant, rythmés par de grandes soirées d’ouverture qui passent d’un quartier à l’autre. Installé au restaurant Le Dorian, à la place René-Payot, le point de rencontre central invite à se retrouver avant de partir explorer. La plupart des événements sont en accès libre, et l’ensemble se veut aussi accueillant pour le collectionneur averti que pour le simple curieux. Une ouverture idéale pour la saison.
Du 16 au 20 septembre, divers lieux à Genève.

Musée Ariana
Au Musée Ariana, l’institution genevoise dédiée à la céramique et au verre, une rétrospective lumineuse célèbre quarante ans du Cirva, le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques de Marseille. Intitulée Le verre, au-delà de la matière, l’exposition rassemble près de deux cents œuvres et documents, la première présentation des collections du Cirva de cette ampleur. Fondé en 1983, le Cirva repose sur un principe aussi simple que radical : inviter des artistes et des designers, souvent sans expérience de la matière, à créer aux côtés de verriers d’exception. De cette rencontre entre l’intuition et le savoir-faire naissent des pièces signées Jean-Michel Othoniel, Gaetano Pesce, Pierre Soulages, Ettore Sottsass, Giuseppe Penone ou James Lee Byars. Fragile, sculptural, infiniment inventif, le verre s’y révèle autant laboratoire d’idées qu’affaire de beauté.
Jusqu’au 3 janvier 2027, Musée Ariana, avenue de la Paix 10, Genève.

Grand Théâtre de Genève
La saison lyrique rouvre le 16 septembre avec La Tempête, unique opéra de Frank Martin et l’un des plus rares sur les scènes contemporaines, donné une poignée de fois seulement depuis sa création viennoise de 1956. Inspiré du récit shakespearien de naufrage et d’enchantement, il ouvre à merveille une saison 2026/27 que le Grand Théâtre a intitulée New Worlds, une invitation à cingler vers l’inconnu. Présentée au Bâtiment des Forces Motrices, cette nouvelle production marque aussi la prise de fonction d’Alain Perroux à la tête de l’institution. Elle est dirigée par Thierry Fischer, fin spécialiste du compositeur genevois, dans une mise en scène de Netia Jones qui fait de la fée électricité et de la vidéo la source des pouvoirs de Prospero, incarné par le baryton Stéphane Degout. Chanté en français.
Les 16, 18, 20, 22, 24 et 26 septembre, Bâtiment des Forces Motrices, Genève.

Musée d’ethnographie de Genève
Au MEG, une exposition immersive pose une question aussi universelle que désarmante de simplicité : c’est quoi, le futur ? Le futur, c’est quoi ? réunit près de deux cents objets et installations, des robots aux cartes de tarot, des porte-bonheur aux jeux vidéo, dans un cabinet de curiosités où cultures, époques et disciplines se rencontrent pour imaginer demain. Son parcours se déploie en quatre sections, autant de manières de concevoir le temps, de la ligne droite de la pensée occidentale à la vision cyclique des cultures maories ou bouddhiques. Pensée avec des adolescents genevois et portée par une scénographie ludique et colorée de l’artiste Sarah Najjar, l’exposition se vit à plusieurs niveaux de lecture, et l’on en ressort à regarder l’avenir avec un peu plus d’émerveillement.
Jusqu’au 10 janvier 2027, Musée d’ethnographie de Genève.

Kunsthaus Zürich
Le Vermeer du Nord s’invite à Zurich. Avec Vilhelm Hammershøi. The Eye That Listens, le Kunsthaus Zürich présente la première rétrospective d’envergure consacrée en Suisse au maître danois (1864 à 1916), réunissant plus de cinquante tableaux. Ses intérieurs feutrés, ses tons sourds et sa lumière silencieuse se détournent du récit pour créer une pure concentration : pièces vides, portes closes, une silhouette vue de dos. Admiré de son vivant par Rilke et Renoir avant de tomber dans un relatif oubli, Hammershøi apparaît ici, aux côtés de ses portraits et de ses paysages urbains moins connus, comme l’une des voix les plus discrètement modernes de la peinture européenne. Le sous-titre de l’exposition rappelle son amour de la musique, et cette impression que chacune de ses pièces retient son souffle.
Jusqu’au 25 octobre, Kunsthaus Zürich.

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