À Genève, ce dernier week-end d’octobre se partage entre art et gastronomie.
Il y a des week-ends qu’on remplit, et d’autres qu’on compose. Celui-ci s’ouvre sur un déjeuner japonais à Saint-Jean et se referme à l’heure du thé, au bord du Rhône. Entre les deux, il y a le verre des maîtres verriers, des pâtisseries en trompe-l’œil, une façade qui s’illumine à la nuit tombée et une bibliothèque face au lac. Huit adresses, une seule intention : le goût du travail bien fait.
Voici notre sélection COTE pour le week-end.
Vendredi midi, un déjeuner japonais
Namura, Genève
Le Japon, à Saint-Jean.
Certaines adresses font voyager dès la porte franchie. Chez Namura, on déjeune sur des tables basses, face à un jardin intérieur où nagent des carpes koï, dans un décor de bois sombre et de paille tressée. En cuisine, les sushis et sashimis sont d’une grande fraîcheur, et les brochettes robatayaki sont saisies au charbon. Le soir, le menu omakase s’achève sur un wagyu. Pour accompagner le tout, une belle sélection de sakés.
Une immersion complète, dès le premier jour.
Vendredi soir, une table de saison
Matière, Genève
Le produit, sans détour.
Les meilleures tables sont souvent les plus sincères. Rue Micheli-du-Crest, Matière est né d’une passion et d’une amitié. La cuisine, ouverte sur la salle, travaille le produit régional avec une simplicité assumée. Au menu : pâté-croûte de porc à la gelée de porto, agneau grillé sur chou braisé, tartelette au chocolat et aux champignons. Mobilier vintage et musique rétro complètent l’atmosphère, chaleureuse et sans artifice.
Une cuisine généreuse, qui va à l’essentiel.


Samedi matin, les Journées du Verre
Musée Ariana, Genève
Le verre, au-delà de la matière.
Pendant quarante ans, le CIRVA de Marseille a ouvert ses ateliers aux artistes. Le Musée Ariana en dévoile pour la première fois les collections : près de 200 œuvres et documents, signés Jean-Michel Othoniel, Gaetano Pesce ou Pierre Soulages, auteur du verre des vitraux de Conques. Ce week-end, les Journées du Verre y ajoutent rencontres, visites et performances, autant d’occasions d’admirer la virtuosité des maîtres verriers.
Là où la matière devient lumière.
Samedi après-midi, une pause trompe-l’œil
Gâto House, Genève
La pâtisserie, à s’y méprendre.
Une orange, une fraise, une cabosse de cacao, si parfaites qu’on hésite à y croire. Chez Gâto House, la pâtisserie devient illusion : chaque fruit est sculpté jusqu’au grain de la peau, puis révèle un cœur fondant et une mousse aérienne. C’est un travail de précision qui séduit l’œil avant le palais, et qu’on emporte dans sa boîte comme un objet précieux.
Le plus gourmand des faux-semblants.


Samedi soir, le MAH en lumière
MAH, Genève
Une façade, une scène.
À la nuit tombée, l’architecture se prête à d’autres lectures. Avec Intelligences en mouvement, la façade du Musée d’art et d’histoire devient une toile vivante, où l’art, le son et la pierre se répondent. Le spectacle est gratuit et en plein air. À l’intérieur, jusqu’à 18h, on découvre les onze portraits d’enfants impériaux dessinés par Liotard en 1762, parmi lesquels figure la future Marie-Antoinette.
Genève, vue sous un autre jour.
Samedi soir, un verre en Vieille-Ville
Bar Jacques, Genève
Le bar de quartier, réinventé.
Les adresses qu’on préfère sont souvent celles qui ne cherchent pas à briller. Sur la Grand-Rue, à quelques minutes du MAH, Bar Jacques a le charme d’un café à la française : lumière basse, cocktails classiques, vins de France et de Suisse. On y partage un pâté-croûte de Romain Pellet ou une tomme vaudoise, et le premier verre en appelle volontiers un second.
L’apéritif, sans façon.


Dimanche après-midi, une bibliothèque face au lac
Fondation Martin Bodmer, Cologny
La mémoire du monde, en sous-sol.
Sur les hauteurs de Cologny, la Fondation Martin Bodmer a rouvert en septembre après trois ans de rénovation. Sous ses jardins se trouve l’une des plus grandes collections privées au monde : papyrus, manuscrits rares, éditions originales, livres d’artistes signés Picasso ou Miró, et lettres de la main de Galilée. Le parcours retrace le chemin de la pensée et de la littérature, avec le Léman pour horizon.
Le dimanche, entre les lignes.
Dimanche, un tea time au bord du Rhône
Mandarin Oriental, Genève
Les nouvelles douceurs du quai Turrettini.
Certains rituels se prêtent mieux que d’autres à la fin d’un week-end. Au Mandarin Oriental, les nouvelles créations sucrées de la maison se présentent comme de véritables bijoux : une pêche en trompe-l’œil, des tartelettes dorées, des entremets finement striés. Elles sont pensées dans un juste équilibre des saveurs et servies sans hâte, le Rhône en toile de fond.
Une fin de week-end tout en douceur.





