Martyna Szymczak, un nouveau visage à l’OSR

Nouvelle cheffe assistante de l’Orchestre de la Suisse Romande, Martyna Szymczak y voit un orchestre où la musique classique reste vivante, grâce à son répertoire et son engagement pédagogique. Pour elle, l’essentiel est de transmettre cette passion avec humanité.

En quoi votre parcours reflète-t-il la vision de l’OSR ?

Martyna Szymczak : « Mon parcours s’étend de la musique ancienne jusqu’à la musique populaire d’aujourd’hui. J’adore écouter des genres très différents pour trouver de l’inspiration. De formation traditionnelle – violon, piano, puis direction – j’ai toujours exploré d’autres styles, notamment en organisant des concerts symphoniques mêlant musiques classique et populaire, car cette dernière peut inspirer l’interprétation classique. L’opéra, où j’ai travaillé sept ans comme assistante, incarne aussi cette dualité : un art traditionnel, mais avec des approches modernes. L’OSR a une grande tradition, mais a aussi une approche actuelle. Il normalise la présence des femmes, et c’est formidable. Il y a également tous ces projets pour populariser la musique, comme les ciné-concerts ou les activités éducatives, qui touchent un large public. »

Vous allez participer à ces initiatives. Qu’aimeriez-vous y transmettre ?

« Construire une base pour le public de demain est aussi important que de donner des concerts. Il s’agit d’impliquer les enfants pour le plaisir. Dans ma famille, personne n’était musicien. J’ai commencé parce que c’était amusant, et mon éducation musicale a été motivée par ce plaisir : c’est ce que je veux transmettre. Si on montre aux enfants que la musique classique peut être excitante et drôle, on éveillera leur curiosité. L’éducation musicale ne doit pas être un fardeau, elle doit élargir les horizons ! »

Comment votre approche pourrait-elle marquer l’OSR ?

« Que je travaille avec un soliste ou un orchestre, l’essentiel est d’être humaine. J’ai vu des chefs adopter une persona de leader distant, mais ce n’est pas mon style. Je préfère écouter les musiciens, collaborer et rester ouverte à leurs idées. Beaucoup ont plus d’expérience que moi, pourquoi ne pas en profiter ? Diriger, c’est aussi enseigner : savoir où pousser, où insister, et quand dire : ‘Bon, je pense que nous avons fait assez pour aujourd’hui’. Ce métier implique une pression immense, mais j’aimerais laisser plus de place à la normalité. Nous jouons de la meilleure musique lorsque nous sommes dans un bon état d’esprit. »

Un moment où vous avez su quelle cheffe vous vouliez être ?

« Pas un moment en particulier, plutôt une somme d’expériences. Johannes Schlaefli, figure importante dans la formation des chefs, m’a marquée par son approche exigeante et profondément humaine. Je pense également à Leonard Bernstein et son émission Young People’s Concerts. Ce métier peut être brutal : on perd en route des musiciens talentueux qui n’ont pas su ‘se vendre’. Peut-être devrions-nous écouter ceux qui ont façonné notre parcours, pas seulement les grands noms. »

Partage