Pascal Gross : « Réussir, c’est avant tout s’accomplir »

Visionnaire pragmatique, Pascal Gross défend une approche très personnelle de la réussite, où détermination, imagination et bonheur vont de pair. Rencontre.

Qu’est-ce que le succès pour vous ?

« Je préfère parler d’accomplissement. C’est ce moment précis où l’on atteint un objectif que l’on s’était fixé. La réussite d’un homme est multiple : elle concerne autant la famille que les amis ou la vie professionnelle. Pour ma part, j’ai très tôt choisi la voie des affaires. C’est une vocation qui m’anime depuis l’enfance. Je me considère comme un privilégié : je suis un homme heureux. À mes yeux, c’est la première mission de l’homme sur Terre. C’est ce qui me fait me lever chaque matin. Je me décris volontiers comme un “tout-terrain” : je peux éprouver autant de plaisir dans un restaurant gastronomique que devant un cervelas grillé en pleine forêt avec des amis. »

Quels sont les facteurs clés qui expliquent votre carrière ?

« D’abord la détermination. Quand on veut quelque chose, il faut aller le chercher. Ensuite, une santé solide, car sans elle, on ne peut rien construire. Et puis il y a la vision, la créativité. Comme le disait Napoléon, “l’imaginaire gouverne le monde”. Imaginer ce qui n’existe pas encore permet parfois de créer ce que les autres n’osent pas entreprendre. »

Comment sélectionnez-vous les leaders de vos entreprises ?

« On commence souvent par les critères classiques : un CV, un parcours. Mais rien ne remplace l’épreuve du terrain. Au bout de quelques mois, on sait si une personne correspond à notre philosophie, notamment en matière de loyauté. Au-delà de cela, je veux que les gens prennent du plaisir à travailler. Si quelqu’un ne s’épanouit pas dans son travail avec moi, je préfère qu’il change de voie. »

Dans la jungle des affaires, comment savoir à qui faire confiance ?

« C’est une question délicate, car beaucoup avancent masqués. Les mots peuvent être séduisants, mais seuls les actes comptent. La loyauté se vérifie avec le temps et dans les moments difficiles. Pour moi, c’est une valeur fondamentale. J’essaie d’être quelqu’un de droit, sur qui l’on peut compter. Ma philosophie est simple : être dur mais juste, avec un certain esprit chevaleresque dans un monde des affaires qui ressemble parfois à un champ de bataille. »

Paradoxalement, vous qui croquez la vie à pleines dents, vous avez déjà préparé votre propre mort. Pourquoi ?

« J’ai longtemps cherché l’immortalité… sans succès. J’ai donc trouvé un plan B. Le jour venu, je serai incinéré puis transformé en diamant. Le contrat est déjà signé et payé. On dit que le diamant est éternel : c’est ma façon d’inscrire une forme de continuité. J’ai même prévu d’écrire mon propre discours de funérailles, qui sera diffusé sur écran géant. Disons que j’ai un côté un peu dictateur : je préfère ne laisser ce rôle à personne d’autre. »

Quel conseil donneriez-vous à la jeune génération pour trouver sa voie ?

« Il faut aller là où l’on se sent guidé pour être heureux. J’aime un concept simple pour faire régulièrement le point : le TAFAS — Travail, Amour, Famille, Amitié, Santé. Prenez le temps d’évaluer chacune de ces dimensions et d’orienter votre énergie là où l’équilibre manque. Et surtout, rêvez. Tout le monde a des rêves, mais seule une minorité agit pour les réaliser. Osez faire partie de ces 5 % qui passent à l’action. »

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rencontres Jean Marc Quarin. Vin, gémologie, Lausanne